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Le Plan Maroc Vert au secours de l'agriculture marocaine

21 Mars 2010, 19:04pm

Publié par claire salles

Un secteur agricole important…

Depuis l'indépendance du pays en 1956, le secteur agricole marocain a été constamment élevé au premier rang des priorités nationales de développement en raison de la place qu'il occupe dans le tissu économique et social du pays. Le secteur agricole représente en effet 15 à 20 % du PIB national. L’agriculture est une source majeure d’emploi dans un pays où près de la moitié de la population vit dans les campagnes.  3 à 4 millions de personnes travailleraient dans le secteur agricole.

 

…mais encore sous-développé agriculteurs

En dépit de multiples politiques agricoles et du soutien dont elle a bénéficié depuis des décennies, l’agriculture marocaine souffre en effet d’un déficit de croissance chronique.

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :

-        La faiblesse des institutions politiques qui n’ont pas pu su aborder le développement agricole dans sa totalité et sa diversité,

-        La dualité du secteur avec de vastes exploitations modernisées et des petites exploitations sclérosées dont la production reste orientée vers une agriculture de subsistance,

-        Le morcellement des surfaces agricoles, fruit des régimes juridiques du foncier et des successions : 70% des exploitants marocains travaillent sur une surface inférieure à 2 hectares, alors qu’en Europe, 80% des exploitants disposent chacun de plus de 20 hectares.

-        La faible valorisation des produits (peu de transformation industrielle)

-        Une forte dépendance aux aléas climatiques et la raréfaction de l’eau : au Maroc, plus de 80% des ressources hydriques sont consommées par l’agriculture.

-        Une pyramide des âges assez défavorable, puisque la moyenne d’âge des agriculteurs est de 55 ans.

 

L’agriculture marocaine se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, dans un contexte mondial  en profonde mutation. D’un côté, des potentiels de développement importants sur les marchés nationaux et internationaux. De l’autre, un risque d’accélération de la pauvreté en milieu rural. Le contexte mondial marqué par la sécurité alimentaire, le changement climatique, la hausse des prix des produits agricoles, la responsabilisation des producteurs, la lutte contre la pauvreté a imposé au Maroc de revoir sa stratégie agricole.

 

plan maroc vertC’est dans cette perspective que le Plan Maroc Vert a été élaboré en 2008. Le gouvernement marocain a décidé de faire du secteur agricole le principal moteur de croissance du pays.  
Ce plan s’articule autour de deux piliers fondamentaux : le développement d’une agriculture moderne et compétitive adaptée aux règles du marché, et l’accompagnement solidaire des populations rurales à travers la création de 300 à 400 projets sociaux dans toutes les régions du Royaume.

 

Ses principaux objectifs sont clairs :

-        Améliorer les revenus des agriculteurs,

-        Créer plus de 1,5 millions d’emplois supplémentaires dans l’agriculture mais aussi dans la filière agro-alimentaire,

-        Investir 10 milliards de dirhams par an dans plus de 1500 projets d’ici 2020 afin de générer à terme un PIB de 100 milliards de dirhams par an. Cette nouvelle richesse permettrait d’améliorer les revenus des agriculteurs et de garantir davantage la sécurité alimentaire des plus de 30 millions de Marocains.

-        Par la même occasion, protéger les ressources naturelles des différentes régions tout en intégrant l’agriculture marocaine au marché national et international.

 

taroudant-ferme-zaouia.jpgPour ce faire, de nombreuses pistes ont déjà été identifiées : orienter les cultures vers des productions à plus forte de valeur ajoutée ou moins gourmandes en eau, inciter les agriculteurs à se regrouper en coopératives et à se former aux techniques agricoles actuelles, développer des secteurs de niche comme les produits Bio ou les produits du terroir marocain (huile d’argan, rose du Dadès, safran…). Le Plan Maroc Vert est décliné en plans régionaux pour s’adapter aux spécificités locales.

 

Pour coordonner l’ensemble de cette nouvelle stratégie, sélectionner les projets à soutenir, gérer les partenariats et suivre l’avancée des objectifs annoncés, une Agence de Développement Agricole (ADA) a été créée. Elle jouera le rôle d'intermédiaire entre l'agriculteur, l'investisseur et l'administration, et sera amenée à superviser diverses études comme les possibilités de production de biocarburants au Maroc.

 

Ouarzazate-1509.jpgPartout au Maroc, des projets fleurissent à l’image du plan de développement du palmier-dattier  de la région de Ouarzazate et de Zagora, qui vise à réhabiliter la palmeraie, augmenter la production de dattes et créer des emplois qui fixeront les populations dans ces régions.

 

Le bilan du Plan Maroc Vert au bout de la première année s’est révélé encourageant : le montant des investissements réalisés dans le secteur agricole s’est élevé à 12 milliards de dirhams.  Les investissements portent sur des projets d’élevage, de cultures de céréales, de fruits et d’olives. Grâce à ses objectifs ambitieux, le Plan Maroc Vert a réussi à mobiliser l’essentiel du tissu économique et surtout les plus gros bailleurs de fonds. Seize conventions ont été signées entre le gouvernement, des banques marocaines et des organisations internationales  à l’occasion de la IIe édition des Assises de l’agriculture en avril 2009.

 

Un bon départ pour un plan ambitieux mais vital pour l’équilibre économique et social du pays…

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