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La télémédecine, une chance pour l'Afrique

11 Juin 2013, 19:16pm

Publié par claire salles

 

Pour pallier le manque de médecins et d’hôpitaux en Afrique, la télémédecine s’avère être une solution peu coûteuse et assez efficace. C’est l’un des sujets du colloque de bioéthique qui réunit en ce moment 150 professionnels de la santé à Cotonou au Bénin.

 Du 10 au 14 juin 2013, à Cotonou au Bénin, l'Institut politique Léon Hamel (IPLH, faculté libre d'éthique), organise un colloque de bioéthique réunissant 150 professionnels de la santé d'Afrique noir francophone, autour de 3 thèmes : la recherche biomédicale sur le continent africain, les problématiques éthiques soulevées par l'euthanasie et la télémédecine en Afrique. 

Au-delà du manque d’infrastructures et de médecins, l’accès aux soins est mal réparti sur le continent africain, l’essentiel des techniciens et spécialistes exerçant dans les capitales. La télémédecine permet de pallier à ces insuffisances en proposant aux patients des soins à distance et en créant un réseau d’entraide entre des praticiens éloignés géographiquement les uns des autres.

Concrètement, un médecin sur le terrain qui a besoin d’un avis envoie par Internet un exposé de l’examen clinique, avec une radio ou une photo et il reçoit une réponse dans un délai de cinq heures. Celle-ci ne doit pas être décalée par rapport à la réalité locale : inutile, par exemple, de demander un scanner pour un patient en pleine brousse ! Les praticiens référents sont par conséquent choisis en fonction de leur expérience du terrain.

L’organisation Médecins sans Frontières (MSF) utilise la télémédecine depuis 2009 dans les 15 pays d’Afrique où elle est présente. Les deux à cinq sections opérationnelles dans chacun de ces pays sont reliées au réseau de télémédecine de MSF coordonné depuis Paris. Ce réseau permet d’être mis en contact avec plus d’une centaine de spécialistes francophones, anglophones et hispanophones.

La télémédecine est très utile à MSF, en particulier en cardiologie, en neurologie et en dermatologie… Évidemment, elle est plus utilisée par les médecins basés au fin fond d’une zone rurale que par ceux des villes, qui peuvent trouver plus facilement d’autres référents.

Au Bénin, la télémédecine permet de relier le Centre national hospitalier universitaire de Cotonou aux cinq hôpitaux départementaux et à quatre hôpitaux de zone. Cela permet à de  nombreux malades en zones rurales de ne plus se  déplacer vers les grandes villes pour obtenir des soins de qualité.

Au Mali, pays pionnier en télémédecine, près de 2000 patients ont pu effectuer une échographie à distance, et un peu plus de 1000 un électrocardiogramme dans des conditions similaires. Ces patients dépendent de cinq hôpitaux de district, dans des zones reculées du pays qui n’ont ni radiologues ni cardiologues. Ces hôpitaux de district sont reliés aux centres médicaux de Bamako, si bien que les examens qui y sont effectués peuvent être interprétés par des spécialistes basés dans la capitale. C’est ce que l’on appelle la téléconsultation ou télé-expertise.

Forte de son succès au Mali, la téléconsultation échographique et cardiologique est en train de se développer un peu partout sur le continent : en République démocratique du Congo, en Mauritanie, en Guinée-Conakry et au Tchad, et bientôt au Sénégal et au Burkina Faso.

En Côte d’Ivoire, s’il y a actuellement une vraie volonté politique de développer la télémédecine, il reste cependant à définir le cadre éthique et déontologique pour ces pratiques, notamment sur la confidentialité des données et le droit à l’image des patients.

Un projet panafricain a été lancé en 2008 avec l’Inde pour permettre à un hôpital de référence dans chacun des 54 pays d’Afrique, d’être interconnecté avec les autres. Ceci sera particulièrement utile pour les cas médicaux difficiles et permettra d’éviter de coûteuses évacuations sanitaires vers la France notamment.

Outre son faible coût, la télémédecine permet une meilleure surveillance des épidémies et des maladies qui se répandent rapidement, comme le paludisme.

La télémédecine devrait continuer à se développer avec l’utilisation croissante d’iPad et d’iPhone par les praticiens, qui peuvent envoyer d’un clic une image médicale pour demander un avis à un collègue…

Source : Articles La Croix 11 juin 2013

La télémédecine

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