Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 10:59

 

  

imagesAu Brésil, le succès commercial de l’exploitation de canne à sucre biologique NATIVE démontre que produire à grande échelle tout en respectant l’environnement est possible et même 30% plus rentable que l’agriculture conventionnelle !

 

NATIVE est la marque de commercialisation de la production de sucre biologique du groupe Balbo et contrôle actuellement près d’un tiers du marché mondial du sucre bio avec une présence dans 67 pays.  Indépendante des fluctuations du cours du sucre, obtenant des marges de 32% supérieures à celles du marché classique, NATIVE représente l’exploitation de canne à sucre la plus productive du monde. Le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté de 30% par an en moyenne depuis 1997. Sa réussite apporte la preuve que l’agriculture de grande échelle peut être respectueuse de l’environnement tout en étant prospère.

 

En 1987, alors que le secteur de la production de canne à sucre connait une grave crise à cause de l’augmentation du prix des produits chimiques et des fluctuations importantes des cours du sucre, Léontino Balbo, le dirigeant du groupe familial Balbo, lance le projet « Cana Verde » (Canne à Sucre Verte) qui repose sur les principes de la biodynamique et de l’agriculture biologique:

-        la récolte manuelle est remplacée par une récolte mécanique pour réduire les coûts,

-        les pieds de canne sont coupés après la récolte pour éviter le brûlis et les résidus de coupe servent à protéger et nourrir le sol,

-        la biodiversité se substitue à l’utilisation des produits chimiques pour réguler les populations d’insectes.

-        Le modèle Cana Verde se veut économiquement viable, socialement équitable et respectueux de l’environnement puisqu’aujourd’hui 340  espèces animales vivent sur les plantations.

Après 10 ans de tests, la persévérance de Léontino Balbo finit par payer et le succès commercial de NATIVE démontre qu’au Brésil, où la tradition d’agriculture intensive est dévastatrice pour les forêts et la biodiversité du pays, l’agriculture biologique permet d’améliorer la rentabilité tout en préservant  l’environnement.

 

Pour en savoir plus : http://www.worldforum-lille.org

 

 

Par claire salles - Publié dans : Bonnes pratiques RSE - Communauté : Développement durable
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 14:56

Nokia-Siemens-Networks.jpg

 

 

 

Le géant des télécommunications Nokia Siemens Networks s’attaque à toutes les pratiques de corruption  inhérentes à son activité, en collaboration avec Ethics & Compliance.

 

 

  Nokia entend affirmer sa position de leader dans son secteur en imposant son code de conduite « Tolérance zéro » à tous ses clients et ses 600 fournisseurs dans le monde.

 

Ethics & Compliance fait partie de la stratégie RSE de Nokia Siemens Networks et traite des problématiques autour de la fraude, des pratiques anticoncurrentielles, des conditions de travail, des conflits d’intérêts, des abus de biens sociaux…

 

Le principe « tolérance zéro » contre la corruption est appliqué par une stratégie en 4 points :

-        la prévention par la formation et la sensibilisation des salariés,

-        la détection grâce à la mise en place d’une ligne téléphonique spécifique,

-        la correction au moyen d’enquêtes et de mesures répressives,

-        l’interaction avec les autres industries.

Pour assurer la réussite de ce projet :

-        le chef de l’éthique et de la conformité est en relation avec le Conseil Exécutif,

-        toutes les vérifications internes sont transmises au Conseil d’Administration,

-        chaque employé du groupe est responsable de la conformité.

 

Présent dans 150 pays, Nokia entend non seulement éviter tous les effets de la corruption sur l’entreprise, mais profiter de sa situation de leader dans le secteur des télécommunications pour maximiser son influence positive.

 

Pour en savoir plus, http://www.worldforum-lille.org/.

Par claire salles - Publié dans : Bonnes pratiques RSE - Communauté : Développement durable
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 14:17

 

Les 15-16 et 17 novembre a eu lieu la 5ème édition du World Forum Lille (www.worldforum-lille.org).

Cette association fondée par trois experts en 2007, accueille chaque année des intervenants et des experts de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) en provenance de toutes les régions du monde. L’objectif du World Forum est de faire progresser l’économie responsable en valorisant des cas concrets, les « bonnes pratiques » d’entreprises, et de les diffuser largement. Le World Forum Lille donne ainsi la parole à des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d’activité, mais aussi à des syndicalistes, des ONG, des collectivités territoriales, des organismes professionnels… tout en associant étroitement les jeunes, futurs acteurs de l’économie. Cette année, près de 70 personnes de plus de 40 nationalités différentes sont venues témoigner à Lille Grand Palais de leurs bonnes pratiques et initiatives en faveur d’une économie responsable.

Le thème de cette année, « Oser la richesse » était volontairement provocateur en cette période de crise financière. « Inconscience provocatrice dans la tourmente économique et financière, inconscience aveugle face aux ruptures sociales (…), ou audace au contraire, d’affirmer la nécessité et la légitimité de la richesse, la revendiquer, la promouvoir ? » telle était la question centrale formulée par Philippe Vasseur, ancien ministre et Président du Réseau Alliances-World Forum Lille. Oser la richesse pour mieux la créer et la répartir partout dans le monde, pour lui donner tout son sens, au-delà de sa dimension matérielle : richesse naturelle, sociale et solidaire, richesse de la connaissance, richesse fonctionnelle, humaine, innovante, richesse mesurée, concertée, émergente…

Le maître mot de ce grand rassemblement de 3 jours : l’interactivité. Conférences plénières, ateliers autour de thématiques précises, prises de parole flash sur la « place du Village », mise en scène de bonnes pratiques RSE sous divers formats… un foisonnement de propositions et de nombreuses occasions de rencontres.

Sur le fond, ce forum a révélé une prise de conscience mondiale de la responsabilité sociale des entreprises, mais avec des différences selon les contextes locaux, notamment dans les pays émergents, moins sensibilisés à ce concept.  Après une approche défensive, puis stratégique des entreprises dans la mise en place de leur RSE, nous sommes actuellement entrés dans une phase de création de valeur partagée, dans laquelle le sociétal et l’économique sont étroitement liés. Il ne s’agit plus de créer de la valeur pour l’actionnaire seulement, mais de générer de la richesse pour tous. Ce saut exige un certain courage : dans un monde où le règne de la finance impose une course effrénée à la rentabilité à court terme, la mise en place de pratiques économiques responsables incluant toutes les parties prenantes représente plutôt une vision à moyen ou long terme, la rentabilité étant pratiquement garantie, mais différée dans le temps.

Les témoignages vécus et partagés au World Forum Lille montrent que la fortune sourit désormais aux activités responsables. L’association travaille actuellement à une contribution pour la conférence Rio + 20 en juin 2012, en collaboration avec l’Institut Ethos, un réseau brésilien de mise en œuvre de politiques de RSE qui rassemble 1300 entreprises. Le World Forum Lille entend bien apporter sa pierre à la construction d’un nouveau monde qui saura équilibrer l’économique, le social et l’environnemental.

Rendez-vous les 14, 15 et 16 novembre 2012 pour la 6ème édition du World Forum Lille !

http://worldforum-lille.org

 

                                                                                  

Par claire salles - Publié dans : Economie responsable - Communauté : Développement durable
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 21:51

Confronté depuis quelques années à l’explosion de sa demande énergétique et de sa facture pétrolière, le Maroc souhaite sécuriser son approvisionnement en misant sur la diversification des sources d’énergie avec le charbon, le gaz naturel, mais surtout l’éolien et le solaire.

Le Maroc reste dépendant à plus de 95% de ses besoins énergétiques, avec notamment l’importation massive de pétrole. Lors de la flambée des prix du baril en 2008, le pays a vu sa facture énergétique atteindre les limites du tolérable : plus de 60 milliards de dirhams (6 milliards d’euros) ! Le Maroc a pris conscience de la nécessité de réduire sa consommation de pétrole et d’améliorer son efficacité énergétique.

La consommation d’électricité du pays a plus que doublé depuis 1990, avec le développement économique et l’électrification du monde rural. Alors que la demande électrique augmente de 8% par an, le déficit des capacités de production, de transport et de distribution a obligé le Maroc à doubler ses importations d’électricité depuis 5 ans (essentiellement depuis l’Espagne).

Par ailleurs, en adhérant au Protocole de Kyoto, le Maroc s’est engagé à contribuer à la réduction de l’émission de gaz à effet de serre.

Pour ces deux raisons – économique et environnementale – le Maroc a décidé de se tourner vers les énergies renouvelables et s’est doté d’un Plan Energie en 2009, dont l'objectif est clair : en 2020, c’est-à-dire dans 10 ans, un quart de la production énergétique nationale sera assuré par des énergies renouvelables. Pour cela, le Maroc mise sur ses deux atouts principaux : le soleil et le vent.

 

L’énergie solaire, une option à long terme

 

ferme-solaire.jpgAvec 3000 heures d’ensoleillement par an, le Maroc dispose d’un potentiel solaire considérable. Le pays entend exploiter massivement cette énergie propre et renouvelable. Un ambitieux Plan Solaire a été créé en novembre 2009, orchestré par une nouvelle Agence Marocaine de l’Energie Solaire (MASEN). Ce Plan prévoit la construction de 5 parcs solaires d’une superficie totale de 10 000 hectares, pouvant produire 2 000 MW, l’équivalent de la consommation annuelle de la ville de Casablanca. Ces stations permettront de couvrir 40% des besoins électriques du pays. La première centrale est prévue à Ouarzazate et devrait être opérationnelle en 2015.

Ce Plan Solaire intervient alors que les pays européens s’intéressent de plus en plus au potentiel solaire des pays du Maghreb. La région du Sahara a en effet été identifiée comme porteuse du plus gros potentiel d’énergie solaire et éolienne du monde. Le projet Désertec, d’origine allemande, ambitionne d’exploiter l’ensoleillement du Sahara pour couvrir 15% des besoins européens en électricité en 2025. Mais son coût pharaonique et les difficultés techniques pour transporter l’énergie mettent en doute sa viabilité. Le Plan Solaire Méditerranéen lancé par Nicolas Sarkozy en 2008 prévoit de développer des projets de centrales électriques utilisant des énergies renouvelables sur les rives sud et est de la Méditerranée. Il devrait être effectif dès 2011. De nombreux programmes ont d’ores et déjà été développés au Maroc, notamment des installations de panneaux solaires en zone rurale, permettant déjà à 3 700 villages d’être éclairés grâce au solaire.

 

L’énergie éolienne, la priorité

 

DSC06642Alors que la production d’énergie solaire à grande échelle se heurte encore à des problèmes de coûts, l’énergie éolienne au Maroc semble promise à un bel avenir, grâce à des conditions climatiques et géographiques idéales : des vents réguliers et 3 500 kms de côtes ! Il existe déjà trois parcs éoliens en service à Tanger, Tétouan et à Essaouira. Le gouvernement marocain a identifié 14 sites propices à l’installation d’éoliennes, pour produire plus de 1 000 MW.

Récemment, le programme EnergiPro, destiné à encourager l’autoproduction à partir des énergies renouvelables, a connu une accélération. Trois nouveaux parcs éoliens vont être créés, à Tarfaya, Laâyoune et Essaouira, qui devraient contribuer à l’autosuffisance électrique de ces régions. Notez que le cimentier Lafarge a lancé dès 2005 son propre parc éolien à Tétouan, pour subvenir aux besoins de son site industriel.

L’énergie éolienne, comme le solaire d’ailleurs, est envisagée comme source d’énergie pour faire fonctionner les usines de dessalement d’eau de mer, très consommatrices d’énergie, mais qui pourraient apporter une aide substantielle à des régions en situation régulière de stress hydrique.

 

Le gaz naturel gagne du terrain, mais il n’est pas la priorité du Plan Energie marocain, à cause du coût des infrastructures nécessaires à son transport (gazoducs). Le gaz naturel contribue à hauteur de 13% de la production nationale, un chiffre qui devrait cependant passer à 23% en 2020.

barrage marocL’hydro-électricité, dont la part ne cesse de baisser dans le bilan national, pourrait s’avérer cependant intéressante après les deux hivers exceptionnellement pluvieux qui ont permis le remplissage de tous les barrages du pays.

centrale-thermique-Safi.jpgEn attendant, le charbon, peu cher et abondant sur les marchés, restera à moyen terme au cœur du système énergétique marocain. Les centrales thermiques au charbon, même polluantes, assurent déjà la majorité de la production d’électricité nationale.

 

La nécessité d'optimiser la consommation d’énergie nationale

Pour atteindre ses objectifs et faire face à l’accroissement exponentiel de la demande énergétique, le Maroc devra diversifier ses sources, mais aussi - et c’est capital – optimiser sa consommation d’énergie. Des mesures incitatives devront être mises en place comme l’utilisation d’ampoules basse consommation, l’efficacité énergétique dans la construction des bâtiments, l’installation systématique de chauffe-eau solaires…

Le gouvernement marocain a lancé Inara, un ambitieux programme pour inciter à une utilisation rationnelle de l’énergie, et s’est fixé comme objectif d’améliorer de 12% l’efficacité énergétique du Maroc d’ici 2020.

Une charte nationale de l’Environnement et du Développement durable devrait être signée le 22 avril 2010, à l’occasion de la journée mondiale de la Terre dont la cérémonie officielle aura lieu à Rabat.

Par claire salles - Publié dans : Développement durable au Maroc
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 19:04

Un secteur agricole important…

Depuis l'indépendance du pays en 1956, le secteur agricole marocain a été constamment élevé au premier rang des priorités nationales de développement en raison de la place qu'il occupe dans le tissu économique et social du pays. Le secteur agricole représente en effet 15 à 20 % du PIB national. L’agriculture est une source majeure d’emploi dans un pays où près de la moitié de la population vit dans les campagnes.  3 à 4 millions de personnes travailleraient dans le secteur agricole.

 

…mais encore sous-développé agriculteurs

En dépit de multiples politiques agricoles et du soutien dont elle a bénéficié depuis des décennies, l’agriculture marocaine souffre en effet d’un déficit de croissance chronique.

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer :

-        La faiblesse des institutions politiques qui n’ont pas pu su aborder le développement agricole dans sa totalité et sa diversité,

-        La dualité du secteur avec de vastes exploitations modernisées et des petites exploitations sclérosées dont la production reste orientée vers une agriculture de subsistance,

-        Le morcellement des surfaces agricoles, fruit des régimes juridiques du foncier et des successions : 70% des exploitants marocains travaillent sur une surface inférieure à 2 hectares, alors qu’en Europe, 80% des exploitants disposent chacun de plus de 20 hectares.

-        La faible valorisation des produits (peu de transformation industrielle)

-        Une forte dépendance aux aléas climatiques et la raréfaction de l’eau : au Maroc, plus de 80% des ressources hydriques sont consommées par l’agriculture.

-        Une pyramide des âges assez défavorable, puisque la moyenne d’âge des agriculteurs est de 55 ans.

 

L’agriculture marocaine se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, dans un contexte mondial  en profonde mutation. D’un côté, des potentiels de développement importants sur les marchés nationaux et internationaux. De l’autre, un risque d’accélération de la pauvreté en milieu rural. Le contexte mondial marqué par la sécurité alimentaire, le changement climatique, la hausse des prix des produits agricoles, la responsabilisation des producteurs, la lutte contre la pauvreté a imposé au Maroc de revoir sa stratégie agricole.

 

plan maroc vertC’est dans cette perspective que le Plan Maroc Vert a été élaboré en 2008. Le gouvernement marocain a décidé de faire du secteur agricole le principal moteur de croissance du pays.  
Ce plan s’articule autour de deux piliers fondamentaux : le développement d’une agriculture moderne et compétitive adaptée aux règles du marché, et l’accompagnement solidaire des populations rurales à travers la création de 300 à 400 projets sociaux dans toutes les régions du Royaume.

 

Ses principaux objectifs sont clairs :

-        Améliorer les revenus des agriculteurs,

-        Créer plus de 1,5 millions d’emplois supplémentaires dans l’agriculture mais aussi dans la filière agro-alimentaire,

-        Investir 10 milliards de dirhams par an dans plus de 1500 projets d’ici 2020 afin de générer à terme un PIB de 100 milliards de dirhams par an. Cette nouvelle richesse permettrait d’améliorer les revenus des agriculteurs et de garantir davantage la sécurité alimentaire des plus de 30 millions de Marocains.

-        Par la même occasion, protéger les ressources naturelles des différentes régions tout en intégrant l’agriculture marocaine au marché national et international.

 

taroudant-ferme-zaouia.jpgPour ce faire, de nombreuses pistes ont déjà été identifiées : orienter les cultures vers des productions à plus forte de valeur ajoutée ou moins gourmandes en eau, inciter les agriculteurs à se regrouper en coopératives et à se former aux techniques agricoles actuelles, développer des secteurs de niche comme les produits Bio ou les produits du terroir marocain (huile d’argan, rose du Dadès, safran…). Le Plan Maroc Vert est décliné en plans régionaux pour s’adapter aux spécificités locales.

 

Pour coordonner l’ensemble de cette nouvelle stratégie, sélectionner les projets à soutenir, gérer les partenariats et suivre l’avancée des objectifs annoncés, une Agence de Développement Agricole (ADA) a été créée. Elle jouera le rôle d'intermédiaire entre l'agriculteur, l'investisseur et l'administration, et sera amenée à superviser diverses études comme les possibilités de production de biocarburants au Maroc.

 

Ouarzazate-1509.jpgPartout au Maroc, des projets fleurissent à l’image du plan de développement du palmier-dattier  de la région de Ouarzazate et de Zagora, qui vise à réhabiliter la palmeraie, augmenter la production de dattes et créer des emplois qui fixeront les populations dans ces régions.

 

Le bilan du Plan Maroc Vert au bout de la première année s’est révélé encourageant : le montant des investissements réalisés dans le secteur agricole s’est élevé à 12 milliards de dirhams.  Les investissements portent sur des projets d’élevage, de cultures de céréales, de fruits et d’olives. Grâce à ses objectifs ambitieux, le Plan Maroc Vert a réussi à mobiliser l’essentiel du tissu économique et surtout les plus gros bailleurs de fonds. Seize conventions ont été signées entre le gouvernement, des banques marocaines et des organisations internationales  à l’occasion de la IIe édition des Assises de l’agriculture en avril 2009.

 

Un bon départ pour un plan ambitieux mais vital pour l’équilibre économique et social du pays…

Par claire salles - Publié dans : Développement durable au Maroc
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 14:34

 

Depuis son intronisation en 1999, le roi Mohammed VI veut faire du développement économique et social du Maroc sa priorité. C’est dans cette perspective qu’il entreprend en 2004 le remaniement des cadres juridiques de son pays, et notamment celui du Code de la Famille, appelé Moudawana. Ce nouveau code de la Famille vise à changer en profondeur le statut des femmes marocaines, en créant une nouvelle vision des rapports conjugaux, fondés désormais sur l’égalité homme/femme. Une vraie révolution dans un pays traditionnellement machiste…

 

Les nouveaux textes en vigueur depuis cinq ans permettent désormais à une femme de transmettre son nom et sa nationalité à son enfant né de père inconnu. Auparavant, cet enfant restait sans état civil.

L’institution du mariage devient un contrat légal et durable entre un homme et une femme - l’homosexualité reste un délit au Maroc - dans lequel les époux assurent conjointement la direction du foyer. Alors que l’ancien code plaçait la famille sous la seule direction du mari, cette innovation est une vraie révolution !

Le nouveau Code de la Famille interdit le mariage des mineures, même si dans les faits 12% des Marocaines de 15 à 19 ans sont mariées. Elle permet aux jeunes filles de s’affranchir du wali ou tuteur pour choisir leur conjoint, bien que la pression familiale et surtout paternelle reste encore forte. La bigamie a désormais un caractère exceptionnel et doit faire l’objet d’une autorisation judiciaire préalable. Le divorce légal remplace la répudiation discrétionnaire et l’enfant est confié en priorité à la mère en cas de séparation, tandis qu’une obligation alimentaire et de logement pèse sur le père.

Cette nouvelle Moudawana rompt ainsi avec une logique de tutelle et livre une nouvelle vision des rapports conjugaux.

L’épineux problème de la succession reste cependant non réglé par les nouveaux textes : une femme marocaine continue à n’hériter que de la moitié de la valeur héritée par son frère.

 

Si ce nouveau cadre juridique bouleverse la condition des Marocaines sur le papier, dans la pratique les mentalités peinent à évoluer, comme l'illustrent plusieurs films marocains récents. L’application des nouveaux textes législatifs rencontre de nombreuses difficultés : le manque de communication accentué par l’analphabétisme important (40%), le poids de la religion et de la tradition familiale sont des freins puissants au changement.
Il y a cependant quelques avancées incontestables.


Aujourd’hui, l’âge du mariage recule au Maroc comme en Europe : 27 ans pour les filles, 31 pour les garçons. Les femmes marocaines célibataires sont de plus en plus nombreuses, surtout dans les villes. Cependant rares sont celles qui assument pleinement cette situation en vivant seules : leur indépendance est fortement limitée par la sphère sociale et la pression familiale et religieuse. Le port du voile se généralise chez les jeunes filles et la virginité avant le mariage garde une grande importance psychologique et symbolique.

Grâce au planning familial, le taux de fécondité a chûté,  passant en 30 ans de 7,4 à 2,3 enfants par femme. Si la contraception se généralise, l'avortement demeure illégal et toute grossesse hors mariage est punie par la loi de 6 mois de prison. Les mères célibataires sont encore trop nombreuses - 5000 par an à Casablanca - et rejetées par leur famille autant que par la société.

 

Légalement plus affranchies des hommes dans la sphère privée, les femmes sont aussi encouragées par les nouveaux textes à investir l’espace public. En effet, le Code du Travail réformé en 2003 a introduit le principe de non discrimination hommes/femmes au travail, la reconnaissance du harcèlement sexuel, la codification du travail des employées de maison. Actuellement, les femmes ne représentent que 27% des actifs au Maroc (contre 50% en Europe) et restent plus nombreuses en milieu rural (32%). La place du travail informel est encore très importante. Peu à peu libérée par la loi, la femme reste prisonnière de son image et le maintien des stéréotypes est alimenté par les médias.

 
Les Marocaines, qui ont le droit de vote depuis 1962, sont entrées en politique grâce à un système de quotas. Elles sont actuellement 7 femmes ministres, et 34 députées (environ 10% des sièges) au Maroc, ce qui place le pays seulement au 7ème rang des pays arabes en matière de représentation féminine.

 


S’il est un domaine où les Marocaines sont très présentes, c’est celui du monde associatif. On compte au Maroc près de 40 000 associations qui œuvrent dans tous les domaines. C’est dans le social, la santé et l’éducation que les femmes sont les plus actives, espérant initier des changements que l’Etat marocain peine à obtenir.

 



Sur le terrain, les transformations de la société marocaine suivent deux vitesses : les comportements traditionnels se maintiennent en milieu rural, tandis que l’évolution vers l’émancipation des femmes est plus perceptible en milieu urbain. On assiste à une sorte de course contre la montre entre les modernistes et les fondamentalistes qui investissent les campagnes.

En ce début de XXIème siècle, le Maroc est à la croisée des chemins : entre un jeune roi visionnaire qui veut lancer son pays vers une modernité à l’occidentale et l’influence croissante d’une religion conservatrice, tout est possible pour ce pays en pleine rupture. La place des femmes dans la société peut s’avérer déterminante pour la direction que prendra le Maroc dans les prochaines années. Si elles se prennent en main, soutenues par un nouveau cadre législatif  qui leur est favorable, elles sont à même de faire pencher la balance.

 

 

 


Par claire salles - Publié dans : Réalités marocaines
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 19:41

Haschich…


Selon les estimations de l’ONU, le Maroc serait toujours le premier producteur et exportateur mondial de résines de cannabis, avec 47 000 tonnes par an, soit l’équivalent de plus de 1400 tonnes de haschich, ce qui représente 31% de la production mondiale ! Le chiffre d’affaires généré par ce trafic est estimé à plus de 10 milliards d’euros, et le secteur fait vivre environ 800 000 personnes dans le nord du pays. La région septentrionale du Rif abrite en effet des dizaines de milliers d’hectares de cultures de cannabis à partir desquelles est produit le haschich marocain. Contrebande et drogue structurent la société et imposent une économie informelle qui profite à beaucoup, de façon très inégalitaire.

Cannabis au Maroc



Un peu d'histoire...

Le cannabis aurait fait son apparition au Maghreb au VIIe siècle lors des invasions arabes avant que sa culture ne s’implante autour de Ketama, au cœur du Rif, au XVe siècle. Ce n’est que bien plus tard, au XIXe siècle, que le sultan Moulay Hassan 1er (1873-1894) autorise officiellement la culture du cannabis pour la consommation locale dans cinq douars, vraisemblablement pour contribuer à la pacification de la région.

Après la division de l’Empire marocain en deux protectorats par la France et l’Espagne, cette dernière, dont le Protectorat englobe le Rif, autorise la culture du cannabis à quelques tribus, le contrôle des Rifains, dont « la faculté de résistance à toute influence extérieure est immense », impliquant en effet certaines concessions.

C’est seulement en 1954 que la culture du cannabis est interdite dans l’intégralité de la zone française. En accédant à l’indépendance en 1956, le Maroc étend la prohibition à la zone espagnole et provoque un vif mécontentement au cœur du Rif, contraignant le roi Mohammed V à se résigner à tolérer la culture du cannabis dans les cinq douars historiques des Ketama, des Beni Seddate et des Beni Khaled.

Le Rif, une région en marge

Le Rif est l’une des régions du Maroc les moins propices à l’agriculture. Le relief y est accidenté, les pentes y sont fortes et les sols pauvres, les précipitations sont très irrégulières et peu compensées par un développement limité de l’irrigation. La conjonction de ces paramètres a laissé le Rif et sa population en marge du développement économique que connaît par exemple la façade atlantique du pays. Les projets de développement engagés dans cette région lors du règne de Hassan II n’ont à l’évidence pas suffi à endiguer l’extension des cultures de cannabis, bien au contraire. L’accroissement de la demande européenne et la commode proximité du Rif des côtes de l’Europe méditerranéenne ont contribué au développement de la production marocaine de haschich à partir des années 1970. 

L’économie du cannabis a permis de stabiliser une région en marge du développement national, ce qui explique la tolérance des autorités marocaines à l'égard de ce phénomène. Le trafic de drogue constituerait la principale source de revenus du Rif et serait même l’une des premières sources de devises du Maroc, contribuant de façon non négligeable à l’économie du pays.  

Une reconversion difficile

La superficie cultivée en cannabis aurait cependant diminué de plus de 50% entre 2004 et 2008, passant de 130.000 à 60.000 hectares, selon le dernier rapport mondial de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). La production de haschich est passée de 3000 tonnes à 1500 sur cette période, ce qui démontre la volonté récente de l’état marocain de lutter contre ce fléau, sous une pression internationale croissante.

Mais la reconversion des cultures est difficile à mettre en œuvre, dans une région en perte de vitesse : le tourisme méditerranéen ne tient pas ses promesses, la fermeture de la frontière avec l’Algérie handicape considérablement le commerce, la présence des entraves espagnoles Ceuta et Melilla favorise en revanche les opérations de contrebande. Il faut ajouter que très peu de cultures alternatives sont susceptibles d’être aussi rentables que le cannabis…



… et bakchich 

La lutte contre le trafic de drogue s’inscrit dans la perspective plus large de lutte contre le travail au noir et la corruption généralisée au Maroc. Les revenus issus d’activités non déclarées représenteraient en effet près de 40% du PIB du pays ! Le secteur du bâtiment semble le plus touché : 70% du chiffre d’affaires de ce secteur se ferait au noir, et les dessous de table au moment de l’achat ou de la vente d’un bien immobilier sont incontournables, même pour les étrangers. Seuls 9% des contribuables marocains paient un impôt sur le revenu et près de 90% des recettes de l’Etat proviennent de quelques 3 000 entreprises sur 70 000...

Le secteur informel progresse au Maroc

La dernière enquête nationale du Haut Commissariat au Plan (HCP) en 2007 a révélé la progression du secteur informel au Maroc depuis 1999. En 8 ans, le nombre des unités de production informelles (UPI) est passé de 1,23 million à 1,55 million, soit 40 000 nouvelles unités par an (quatre fois plus que les postes créés par le secteur public !). Par UPI, il faut comprendre les unités de production non agricoles qui ne disposent pas d’une comptabilité, à l’exclusion des activités illicites ou illégales telles que la contrebande ou le trafic de drogue. Il s’agit avant tout des emplois sans protection sociale et non déclarés aux impôts. Si l’on considère que 90% de l’emploi dans le secteur agricole et rural est informel, il faudrait valoriser bien davantage le secteur informel marocain.

Le nombre d’emplois dans le secteur informel est passé de 1,9 million à 2,2 millions entre 1999 et 2007, dont 72% en milieu urbain. Avec sa multitude de petits détaillants, le commerce représente 77% du chiffre d’affaires du secteur informel, avec 8 emplois sur 10 « au noir ». Le chiffre d’affaires total du secteur informel marocain est estimé à près de 280 milliards de dirhams (25 milliards d’euros) en 2007, soit une hausse de 68% par rapport à 1999 !

Les trois quarts des UPI emploient une seule personne et réalisent en moyenne un chiffre d’affaires de 180 000 DH (16 000 euros). La plupart des petits métiers exercés au vu et au su de tout le monde ne sont ni répertoriés ni déclarés : gardiens, marchands ambulants et autres vendeurs à la sauvette, toutes les professions de “service à la personne”, notamment les domestiques, qui ne peuvent pas être déclarés par leurs employeurs à l’heure actuelle au Maroc (seules les personnes morales peuvent en effet s’inscrire à la CNSS). Si 53% des petits commerçants n’ont aucun niveau scolaire hors l’école coranique, 6% ont suivi des études supérieures. Une UPI sur dix est dirigée par une femme.

Ces activités souvent illégales sont pourtant réalisées au grand jour. Elles sont tolérées et témoignent parfois d’une ignorance de la réglementation. Certaines structures ont un statut semi légal qui leur permet d’exercer en toute tranquillité, puisqu’elles respectent partiellement les réglementations : 18% des UPI ont obtenu une patente et 13% des micro-entreprises avec local sont fichées au registre du commerce. Cependant, aucune micro-entreprise ne déclare ses employés et 93% des unités n’ont aucun ouvrier affilié.

Une corruption institutionnalisée

Corruption



Le non respect des législations est dû à la lourdeur et la complexité des démarches administratives mais aussi à la tolérance des pouvoirs publics. Dans tous les secteurs, pour toute action ou investissement, il faut choisir entre attendre des mois ou s’assurer à tout prix – au sens propre – la bonne volonté des fonctionnaires. Les secteurs les plus touchés par la corruption sont la justice, la santé, la police et les services publics. Les « cadeaux » offerts par les entreprises aux fonctionnaires des ministères ou des douanes sont monnaie courante, et la justice reste passive. Les audits des collectivités locales, réclamés par les associations anti-corruption, ne sont guère pratiqués et la nécessaire réforme administrative demeure à l’état de projet. La culture du secret propre au pays n’aide pas la lutte contre la corruption.

Selon le dernier classement de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2008 de Transparency international, le Maroc n’a enregistré aucune amélioration de son score entre 2007 et 2008, avec la même note de 3,5 sur 10. Le classement mondial 2009 voit même le Maroc descendre au 89ème rang sur un total de 180 pays, alors qu'il occupait la 72ème place en 2007.

Quelles solutions pour lutter contre ce fléau ?

Si l’importance du secteur informel a notamment permis au Maroc de ne pas trop souffrir de la crise économique récente, le travail au noir pénalise le pays sur le plan économique et développe de nouvelles formes d’exclusion et de pauvreté liées à la dégradation de l’emploi.
Pour lutter contre ce fléau, les experts proposent d’améliorer radicalement le niveau de scolarisation et sa qualité (cf
L'enseignement public marocain en crise ), d’ouvrir les dispositifs de formation alternée aux jeunes non scolarisés et/ou non employés, de former les jeunes à la création d’activité, et enfin de reconnaître le secteur informel et d’y injecter des compétences.

La mise en place d'une Instance Centrale de Prévention de la Corruption (ICPC) en 2008 démontre la bonne volonté des autorités marocaines, même si certains contestent son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Deux lois importantes ont été adoptées, l’une contre le blanchiment d’argent et l’autre concernant la déclaration du patrimoine. L’arsenal juridique pour lutter contre la corruption et se conformer aux engagements du Maroc au plan international existe bel et bien. Mais reste à appliquer les textes juridiques, et surtout à changer les mentalités... Le nouveau ministre chargé de la Modernisation des secteurs publics donne la priorité à ce dossier en prônant une approche participative entre le gouvernement et la société civile. Un plan d'urgence se met en place actuellement au Maroc pour tenter de lutter efficacement contre ce fléau de la corruption.

Créée en 1996, mais reconnue d'utilité publique seulement l'année dernière, l'association marocaine de lutte contre la corruption Transparency Maroc travaille en partenariat avec les autorités du pays. Grâce à son travail de lobbying, le Maroc a signé en 2007 la Convention Internationale de lutte contre la corruption. Transparency Maroc  a récemment mis en place un Centre d'Assistance Juridique Anti-corruption (CAJAC) dans le but d'assister et d'orienter les personnes témoins ou victimes de la corruption. L'objectif de ce centre est d'engager les citoyens dans la lutte contre la corruption en leur assurant l'appui d'une équipe de professionnels qui leur procurera une assistance juridique gratuite en toute confidentialité. Un premier pas pour essayer de faire évoluer les mentalités...
Par claire salles - Publié dans : Réalités marocaines
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 12:23

 

Gisements miniers, artisanat remarquable, capacités touristiques certaines, infrastructures conséquentes… beaucoup de pays envient au Maroc ses richesses. Avec un PIB par habitant de 4300 dollars environ, une inflation maîtrisée à 3% et un taux moyen de croissance de 5% depuis 10 ans, le Maroc est actuellement la 5ème puissance africaine et fait partie des pays émergents. Le pays a toujours su profiter de sa double façade maritime, et le nouveau port de Tanger Med devrait devenir le plus grand port africain en matière de transport de marchandises.  

Malgré ses performances économiques encourageantes, le pays se trouve seulement à la 126ème place sur 174 de l’indice pour le développement humain (IDH) de l’ONU en 2008 . Selon la Banque mondiale, un Marocain sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 1$ par jour. Près de la moitié de la population adulte est encore analphabète, surtout les femmes, et le taux de scolarisation reste insuffisant (
L'enseignement public marocain en crise ).
Le pays vit un développement à deux vitesses avec un fort contraste ville/campagne et la présence d’une économie souterraine dans tous les secteurs d’activité. Résultat : le Maroc est un pays riche, mais ses habitants sont pauvres.

 

Première richesse du pays : les phosphates, dont le Maroc possède les ¾ des réserves mondiales ! Le pays en produit 24 millions de tonnes dont plus de la moitié est exportée à l’état brut surtout vers l’Europe occidentale. Le Maroc est le premier exportateur de phosphates au monde.
Le Maroc est également le 2e exportateur mondial d'agrumes et d'huile d'olive. 

Le désert

Avec ses côtes atlantique et méditerranéenne, l’ensoleillement important, la beauté des paysages, le désert au sud du pays, les villes impériales, l’activité artisanale, le Maroc possède de nombreux atouts et le tourisme est la deuxième source de revenu du pays, rapportant près de 3 milliards d'euros. Entre sept et huit millions d’étrangers visitent le Maroc chaque année, mais malgré l’engouement pour les ryiads et plusieurs plans de développement au niveau national, l’objectif d’arriver à attirer 10 millions de touristes en 2010 ne sera vraisemblablement pas atteint.

 

Autre manne importante : les entrées des travailleurs émigrés. Près de trois millions de Marocains vivent hors de leur pays, principalement en France (800 000), aux Pays-Bas, en Belgique et en Espagne. Ces MRE (Marocains Résidant à l’Etranger) gardent cependant des liens étroits avec leur pays et envoient chaque année à leur famille une partie de leur épargne, dont le montant est estimé à 3 milliards d'euros, soit plus que l’ensemble des exportations de phosphates et de produits agricoles !  

L’artisanat marocain est remarquable par sa diversité : bois, argent, fer, cuivre, cuir, terre, laine dont les fameux tapis qui occupent une large place dans les exportations. Deuxième employeur après l'agriculture, l’artisanat marocain représente 19 % du PIB mais le secteur traverse une période difficile. Il peine en effet à attirer les jeunes, qui préfèrent se lancer dans des métiers plus rémunérateurs et subit le manque d'intérêt de la clientèle traditionnelle (marocaine).

 

Grâce à sa situation géographique, le Maroc est l’un des pays arabes dont le commerce est le plus étroitement lié à la Communauté européenne : près de 70% des échanges actuels s’effectuent avec l’Europe, principalement avec la France. Toutes les grandes entreprises, banques et sociétés d’assurance occidentales sont présentes sur le marché marocain. Le Maroc s'est vu octroyer en 2008 un "statut avancé" auprès de l'Union Européenne; la suppression des droits de douane entre l’Europe et le Maroc est prévue en 2012, bien que les réformes nécessaires pour la mise au niveau avec l’économie européenne tardent… 

Malgré tout ces atouts, la population marocaine vit mal et surtout très inégalement. Il faut dire qu'en 20 ans, la population marocaine a doublé pour atteindre environ 33 millions actuellement, dont la moitié a moins de 25 ans ! Le pays vit un développement à deux vitesses : une modernisation accélérée dans les villes et la pérennité des archaïsmes dans les campagnes.
Les disparités de revenus sont énormes, l’éventail des salaires varie de 1 à 1000, phénomène classique des pays en voie de développement. Le salaire minimum est fixé à 1850 Dirhams par mois (166 euros) et 20% des Marocains consomment près de la moitié de la richesse nationale. Le chômage touche environ 10% de la population, dont le quart des jeunes diplômés, avec un fort écart entre la ville (18%) et la campagne (4%). Le pourcentage des pauvres augmente, et dans les grandes agglomérations, bidonvilles et villas luxueuses se côtoient non sans une certaine tension. Le système de santé publique est inadapté et 9 Marocains sur 10 n’ont pas de couverture sanitaire. Le système de soins est à deux vitesses : cliniques privées de niveau européen pour les riches, et hôpital public qui manque de tout et où soins et médicaments restent payants. Le système de retraites demeure très insuffisant lui aussi.

 

Caritas Maroc apporte écoute et soutien matériel aux personnes les plus démunies, dans le but de les rendre autonomes et responsables. Fondée en 1958, la structure comprend une cinquantaine de bénévoles et collabore avec les associations locales partageant le même objectif pour soutenir leurs projets de formation, d’alphabétisation, de socialisation et de soins de santé. Caritas est présente dans plusieurs villes du pays : Agadir, Marrakech, Rabat, Tanger, Mohammedia et Casablanca, avec des problématiques bien différentes selon les régions. femme mendiante

Caritas Casablanca ouvre son local deux fois par semaine à des personnes de tous âges, marocaines ou sub-sahariennes qui viennent demander de l’aide. La petite équipe de Sœur Maria les reçoit individuellement, et s'efforce de comprendre leur situation avec l’aide d’une bénévole marocaine qui assure la traduction. Sur présentation d’une ordonnance récente, Caritas Casablanca peut aider à acheter des médicaments, toujours très chers, et chaque visiteur repart avec quelques vêtements choisis dans le vestiaire. Les femmes sont les plus nombreuses à venir, souvent envoyées par leur mari ou leurs frères restés à la maison. Les handicaps physiques sont légion par manque d’accès aux soins. Le fatalisme ambiant ne pousse pas ces personnes à faire reconnaître leurs droits et l’analphabétisme contribue à leur ignorance. Il y a les habitués qui passent régulièrement au local mais surtout beaucoup de nouveaux venus de tous horizons, envoyés par le bouche à oreille, et pour lesquels Caritas est souvent le dernier recours. L'équipe d'accueil s'efforce de les diriger vers les services municipaux ou associatifs dont ils ont besoin et gère au mieux les situations urgentes. Les visiteurs sont toujours plus nombreux, signe que malgré le développement économique du pays, la pauvreté est une réalité qui perdure au Maroc...

Par claire salles - Publié dans : Réalités marocaines - Communauté : Vie associative
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 12:26

 

Aujourd’hui au Maroc, un million et demi d’enfants ne vont pas à l’école et 225 000 quittent le primaire chaque année. Sur 100 enfants inscrits en primaire, seulement 13 ont des chances d’obtenir leur baccalauréat ! Le système scolaire marocain est en pleine crise et malgré des efforts, le taux d’analphabétisme était encore de 34% en 2008, faisant du Maroc la lanterne rouge des pays du Maghreb.

 

Il y a 10 ans, l'Etat marocain avait lancé une Charte nationale de l’Education et de la Formation qui avait insufflé de grands espoirs. Son but avoué était de réformer le système éducatif pour « offrir aux enfants du Maroc les conditions nécessaires à leur éveil et à leur épanouissement ». Cette Charte a permis une certaine évolution : 86% des Marocains sont officiellement scolarisés, et la parité garçons/filles serait atteinte, tous cycles confondus.


Mais en 2006, le tout nouveau Conseil Supérieur de l’Enseignement évalue le système éducatif marocain et son constat est sévère : trop d’enfants quittent l’école en cours de scolarité sans aucun diplôme, le niveau académique reste faible et les langues non maitrisées. L’absentéisme des élèves et des professeurs, les classes surchargées (45 à 50 élèves), la mauvaise qualité des infrastructures (75% des écoles n’ont pas d’eau potable, 80% n’ont pas de sanitaires et 2/3 pas d’électricité), les moyens quasi inexistants de l’école rurale sont également pointés du doigt par le Conseil. L’effort financier actuel entrepris dans l’équipement des établissements scolaires n’est pas accompagné d’un budget pour leur maintenance et leur entretien.

 

Le système éducatif marocain souffre de dysfonctionnements structurels. Seuls 6% des parents sont satisfaits de la scolarité de leurs enfants. La consigne étant de faire passer tous les élèves en classe supérieure quelque soit leur moyenne pour pouvoir accueillir de nouveaux élèves, le niveau scolaire baisse régulièrement. Les enseignants, souvent accusés de tous les maux, dénoncent le manque de ressources, de reconnaissance, les mauvaises conditions de travail : le manque de fournitures et d’équipements, les infrastructures délabrées, les classes surchargées à plusieurs niveaux, les élèves indisciplinés, l’éloignement des écoles dans les campagnes… etc Tout cela explique l’absentéisme et la démotivation des professeurs, qui complètent souvent leur trop faible salaire par des cours dans le privé.

Pourtant, le budget de l’éducation nationale consomme 25% du budget national et 6% du PIB du pays ! Alors comment expliquer cet état des lieux ?

 

Pour certains, la question linguistique est à la base de la médiocrité de l’enseignement. En effet, depuis les années 1970, le Maroc a opté pour une politique d’arabisation de l’ensemble du système scolaire, tandis que le français reste la langue d’enseignement à l’université. Beaucoup d’étudiants ne pouvant suivre les cours dans cette langue sont contraints d’arrêter leurs études. L’arabisation n’aurait fait que creuser les inégalités.

Le Maroc comprend en effet quatre systèmes éducatifs différents :

-         les établissements des missions étrangères, privés et hors du contrôle de l’Etat (écoles française, espagnole, américaine…) sont très chers donc réservés aux classes socioprofessionnelles les plus aisées,

-          les établissements privés sont encouragés par l’Etat car ils offrent une éducation d’une certaine qualité à ceux qui peuvent payer,

-          les écoles publiques urbaines parviennent à sauver la face des responsables,

-          les écoles publiques rurales ou périurbaines sont dans un état catastrophique et ne jouent pas leur rôle éducatif.

 

Dans ce système à deux vitesses, le principe de l’égalité des chances n’est pas respecté et seuls les enfants issus de familles relativement aisées ont des chances de poursuivre leurs études après le Baccalauréat.

 
L’enseignement privé a profité du marasme du système public et fonctionne actuellement à plein régime. Si sa part dans l’enseignement général n’est que de 8%, sa popularité est largement répandue dans les familles marocaines : dans les écoles privées en effet, les classes sont limitées à 25 élèves, les enfants sont moins indisciplinés, et surtout les professeurs disposent de matériel indispensable pour travailler correctement. Les élèves y apprennent deux programmes : le programme étatique et le programme français, ce qui impose une forte pression sur les enfants dès le primaire. Les parents déboursent entre 800 et 2000 Dirhams (80 à 200 euros) par mois pour la scolarité, un vrai sacrifice pour ceux disposant de moyens modestes. Mais ils donnent ainsi la chance à leur progéniture de pouvoir poursuivre leurs études après le baccalauréat.

La Mission française, dont le fameux lycée Lyautey de Casablanca, est également plébiscitée par les parents marocains et accueille 28 000 élèves, dont les 2/3 sont autochtones.

 

L’enseignement public marocain manque d’un système d’évaluation efficace fondé sur des critères mesurables. Les citoyens n’osent pas jouer leur rôle d’évaluateurs et ne s’impliquent pas suffisamment pour faire changer les choses. Les méthodes d’apprentissage et la pédagogie, basées sur le cours magistral, ont besoin d’être modernisées. Enfin, une meilleure gestion des ressources financières permettrait de transformer les coûts de la non-qualité du système éducatif (un manque à gagner estimé à plus de 15 milliards de dirhams par an !) en source de financement de l’enseignement public marocain.

 

Le Ministère de l’Education Nationale souhaite accélérer le rythme de la réforme à travers la réhabilitation du métier d’enseignant et un nouveau Plan d’urgence s’applique depuis septembre. Il prévoit l’augmentation du nombre d’enseignants pour assurer la scolarité des enfants jusqu’à l’âge de 15 ans, la construction d’écoles et d’internats, la distribution de 7000 cartables, et une aide sociale pour les transports, la restauration et la distribution de fournitures. Son évaluation est prévue dès 2010.


En attendant, la société civile s'efforce de pallier aux carences de l'Etat. L'association Zakoura Education propose des programmes de scolarisation spéciaux pour les enfants des campagnes marocaines (L'école à la carte ). Saâdia Serghini a créé en 2005 la première cellule d'écoute au sein d'un établissement public, puis l'Association Nationale d'Aide aux Elèves en difficulté.  Cette professeure de philosophie engagée préconise la création d'internats pour lutter contre l'abandon scolaire, la baisse des effectifs en classe pour améliorer la qualité de l'enseignement, l'allègement des programmes scolaires et surtout la revalorisation des enseignants, qui devraient être parties prenantes de la réforme de l'enseignement marocain.

Par claire salles - Publié dans : Réalités marocaines
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 19:48

 

 
Quelques 600 000 enfants, soit 11 % des enfants âgés de 6 à 15 ans, travaillent au Maroc. Parmi eux, entre 60 000 et 80 000 fillettes sont employées comme domestiques ou « petites bonnes » chez des particuliers.
"Les petites bonnes représentent 72% des enfants qui travaillent dans les villes au Maroc", avoue une étude gouvernementale. Selon l'organisation "Human Rights Watch,"ce chiffre représente l'un des taux les plus élevés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En Egypte, ce taux est de 6 % et fait scandale.". Le rapport de HRW rendu public en 2006 a pointé du doigt les autorités marocaines qui tardent à endiguer cette forme de traite humaine.

 

Le sujet est revenu à la Une des journaux marocains au cours de l’été 2009: la petite Zineb, 11 ans, a été hospitalisée le 20 août dernier suite à des sévices perpétrés par ses employeurs. La petite fille a été brûlée à l’huile bouillante, au fer rouge, et a subi des agressions sur ses parties intimes, selon une source médicale. Le procès de ce couple de la classe moyenne est en cours depuis la mi-septembre à Oujda, dans le nord-est du pays. Plusieurs associations marocaines dont Insaf (cf Un avenir pour les jeunes mères célibataires marocaines ) sont montées au créneau pour condamner le travail des enfants de moins de 15 ans et espèrent que cette affaire accélérera la mise en place d’un cadre juridique strict sur ce point.

Souvent victimes de maltraitance physique et morale autant que d’exploitation économique, les petites bonnes
marocaines travaillent comme domestiques de 14 heures à 18 heures par jour pour un salaire mensuel compris entre 200 et 300 Dirhams (20 à 30 euros), sans jour de repos. Elles avouent les nuits passées à la cuisine, le travail sans répit, le manque d’éducation, de nourriture et de soins médicaux appropriés, les punitions courantes et autres violences physiques ou verbales.
Dès 2002, le rapporteur spécial des Nations Unies chargé du droit des enfants avait affirmé qu'il y avait au Maroc “un taux élevé de viols et de mauvais traitements des petites bonnes”.

La situation ne semble guère s’améliorer depuis, pour plusieurs raisons :

 

Ces jeunes filles et leurs parents considèrent le travail domestique chez un employeur comme une alternative à l'école, et non comme une activité complémentaire. En effet,  l'absentéisme des enseignants, la violence en classe, l'éloignement du collège, l’absence de sanitaires sont les premières raisons qui poussent les filles du monde rural à quitter l'école dès la fin du cycle primaire et à se réfugier dans le travail, quel qu’il soit(cf L'enseignement public en crise au Maroc ).

En 2005, le Roi Mohamed VI a lancé l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), qui permet de verser des fonds pour construire des écoles et des logements sociaux. De nombreuses associations locales prennent le relais sur le terrain pour promouvoir la scolarisation des enfants par la mise en place de transports scolaires et de foyers d’hébergement pour les collégiennes notamment.

 

Les textes contre l’exploitation des enfants existent au Maroc, mais ne sont pas appliqués. Selon la convention des Droits de l'enfant ratifiée par le Maroc, “un enfant ne peut occuper un travail à partir de 12 ans que dans un cadre familial et dans des conditions saines”, et “le travail des enfants de moins de 14 ans n'est autorisé que par intermittence, après l'école”. Le Code du travail marocain, né après des décennies de tractations le 8 décembre 2003, n'autorise les moins de 16 ans à “travailler que 10 heures par jour, dont une heure de pause”. Or, il ne s'agit, dans cette clause, que de travail agricole, industriel ou artisanal.
Un texte de loi était prévu en décembre 2005 pour les travailleurs domestiques, mais il est resté en ballottage entre les ministères.

En attendant, cet esclavagisme moderne profite du vide juridique.

 

Soumises à leurs employeurs, ces petites filles sont également prisonnières d'un système d'intermédiaires : les samsara sont les seuls contacts directs de ces bonnes, mais puisqu’intéressés, ils ne peuvent les protéger des abus de leurs employeurs. Même lorsqu'elles veulent fuir leur destin, les intermédiaires leur brouillent les pistes et les empêchent de retourner chez leurs parents.


Elles sont par ailleurs victimes d'un système judiciaire défaillant et injuste. Les procès sont rares, d'autant qu'il faut deux témoins pour prouver le tort causé à la petite bonne par son employeur. Toujours selon HRW, la police, le ministère public et les juges font rarement appliquer les clauses du Code Pénal sur les abus contre les enfants domestiques. Le gouvernement doit combattre des habitudes ancrées dans la société marocaine depuis de longues années …

 


L’Etat marocain se heurte aux mentalités – la pratique de l’esclavage est tolérée par le Coran – autant qu’à la logique économique du pays, car beaucoup d’emplois non déclarés seraient susceptibles de disparaître s’ils devenaient illégaux.

Le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité piloté par madame Nouzha Skalli vient de finaliser un projet de loi sur l’emploi des enfants de moins de 15 ans prévoyant de lourdes sanctions contre les employeurs, mais aussi contre les parents et les intermédiaires. L’objectif de la ministre est ambitieux : « zéro petite bonne en 2010 » ! Les associations marocaines espèrent que l'affaire de la petite Zineb servira d'exemple.

Le Ministère de l’Emploi quant à lui vient d’élaborer une autre projet de loi sur le travail domestique désormais soumis à la signature d’un contrat.
Les deux textes auraient été mis dans le circuit législatif en mai 2009.

 

Une actualité à surveiller…  

 

Par claire salles - Publié dans : Réalités marocaines
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